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Aujourd’hui, je continue ma série de réflexions sur le libertinage. Après avoir traité de la philosophie libertine dans le premier article et l’impact du libertinage de moeurs sur de couple et les questions à se poser dans le second article; voici un troisième article qui entre plus dans les pratiques du libertinage des mœurs et explique les pratiques des libertins.

Les pratiques du libertinage des mœurs et quelques définitions
Le milieu du libertinage a créé un ensemble de catégories de pratiques qui caractérisent la manière dont les couples libertinent. Ils existe donc une classification et des couples qui pratiquent du côte-à-côtisme, de l’échangisme, du gang bang, du mélangisme, du candaulisme, du triolisme, du voyeurisme, du sado masochisme, le fétichisme…

Commençons par définir ces pratiques…

Les candaulistes prennent du plaisir à regarder leur partenaire faire l’amour mais sans participer à l’acte. Le conjoint s’offre donc à un autre homme ou une autre femme, pendant que l’autre conjoint candauliste regarde la scène. Le plaisir vient de voir son conjoit avoir des relations sexuelles sous ses yeux. Le candauliste est très souvent un homme (contrairement à ce que l’on pourrait imaginer d’ailleurs).

triolisme-trio-couple-libertin

Le côte-à-côtisme consiste à pratiquer une activité sexuelle à coté d’autres couples mais sans échange ni interaction, c’est à dire que l’on peut, par exemple, se trouver dans une pièce avec un autre ou d’autres couples qui font l’amour mais le couple côte-à-côtiste n’interagit pas avec les autres couples. Il n’y aura donc pas de caresses partagées avec d’autres personnes. Souvent la pratique du côte-à-côtisme vient répondre à des fantasmes. En faisant l’amour en présence d’autres personnes, l’un des partenaires ou les deux réalisent un fantasme d’exhibition ou de voyeurisme.

Les mélangistes partagent les préliminaires avec d’autres couples. Il peut donc y avoir des échanges de baisés, des préliminaires (cunnilingus, fellations etc…) mais il n’y a pas de pénétrations sexuelles en dehors du couple.

L’échangisme consiste pour deux couples en général à échanger les partenaires respectifs. C’est du mélangisme mais avec la possiblité de pénétrations entre tous les participants. Il s’agit de la pratique la plus ouverte en terme de possibilités dans le libertinage.

Les triolistes cherchent à avoir une relation sexuelle à trois. Il est possible de faire un trio avec deux hommes et une femme (aussi dénommé trio HHF) ou avec un homme et deux femmes (cette fois ci dénommé HFF).

Le voyeurisme consiste à regarder les autres avoir des relations sexuelles et en retirer du plaisir, la différence avec le candaulisme est que les personnes que l’on regarde sont des inconnnu(e)s. L’aspect voyeuriste est souvent très excitant et présent dans le plaisir des libertins.

La pratique du gang bang (appelé aussi pluralité masculine dans certaines soirées) consiste pour une femme à avoir des préliminaires et une relation sexuelle avec plusieurs hommes en même temps (plus de trois sinon c’est un trio).

Les pratiques sado-masochistes (ou BDSM) ont en général peu de place dans le milieu libertin, les libertins n’étant pas très souvent adeptes du BDSM. Ce sont souvent des populations distinctes, ou en tout cas pour les personnes adeptes de libertinage et de BDSM, se pratiquent dans des cadres différents. La seule chose que l’on peut voir en club libertin classique ce sont des jeux de bondage avec, par exemple, un croix de Saint André où un homme ou une femme est attaché(e) à sa demande pour se retrouver à la merci des autres libertins (il faut alors mettre en place un safe word qui permet d’arrêter les jeux si nécessaire). Bref, c’est assez compliqué et je ne vais pas plus entrer dans les détails car ce ne sont pas des pratiques que l’on voit souvent et pas des pratiques de débutants libertins dans tous les cas.

Enfin, les fétichistes sont les personnes qui prennent du plaisir à être en contact ou regarder des objets spécifiques sur lesquels ils projettent leurs fantasmes et excitation. Cela peut être des matières (le latex, la dentelle), des tenues (les bas, les portes-jarretelles, etc…), des accessoires (les chaussures…), ou des parties du corps (les pieds, les doigts, les oreilles …). Là aussi, certains libertins peuvent être fétichistes mais ce sont deux milieux qui ne se mélangent pas souvent.

Mon point de vue sur les pratiques et le libertinage

Mon point de vue sur toutes ces catégories c’est que, bien que créés par et pour les libertins afin de désigner les pratiques, elles mettent les libertins dans des cases et vont donc à contre courant du principe même de la philosophie du libertinage d’esprit. En effet, si le libertin fait des efforts pour remettre en question les règles et diktats de la société afin de devenir un libre penseur ce n’est par pour se laisser enfermer dans des cases par d’autres libertins.

Ma remarque précédente est cependant en grande partie théorique et je ne dis surtout pas que les libertins qui se posent des limites ne sont pas de vrais libertins. Il faut bien évidemment respecter et accepter toutes les limites de chaque individu, mais j’avoue que la démarche de catégoriser les gens suivant leurs pratiques me dérange un peu dans ce domaine.
Pour moi, le libertinage des moeurs consiste finalement à vivre l’instant présent et de se laisser porter par le moment en fonction des envies, possibilités et connexions entre les personnes. D’ailleurs, beaucoup de mes ami(e)s libertin(e)s m’indiquent adhérer à cette façon de voir les choses : « il faut le bon feeling au bon moment ». Par exemple : « Je suis un homme , je ne suis pas bi mais j’ai envie d’embrasser cet homme car il me plait, alors pourquoi se le refuser ? » ou « Ces deux hommes sont très excitants, pourquoi madame ne les inviterais pas à se joindre à nous si elles en a envie à cet instant de la nuit ? » et ainsi de suite …

Cette vision, certes un peu idéaliste, du libertinage n’est souvent accessible aux couples qu’après avoir discuté et éclaircit les questions posées dans mon second article. Elle nécessite un vrai cheminement intellectuel et émotionnel à deux sur la jalousie, la possession, la liberté, l’amour dans le couple, le respect, le partage et le plaisir.

Au final, ces pratiques, plutôt que de devenir des carcans dans lesquels s’enfermer, sont des manières de qualifier ses limites. Et dans ce cas là, sont tout à fait nécessaires pour discuter et savoir de quoi l’on parle en terme de limites.


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