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l y a vingt ans, le libertinage attirait principalement les 45-55 ans. Aujourd’hui, cette pratique séduit aussi les 20-30 ans. De jeunes adeptes nous ont raconté comment cela avait transformé leur sexualité, et bien plus encore.

Été 2017, à la table d’un dîner de mariage, au bord d’une plage corse. Une poignée de jeunes couples échangent avec entrain à propos de leur passion commune : le libertinage. L’alcool aidant, les langues se délient. “La première fois, c’est ma copine qui m’en a parlé, lance Mathieu*, l’un des garçons d’honneur, 30 ans, basé dans les Hauts-de-Seine et originaire d’Agde. Elle était attirée par les femmes et voulait tenter une nouvelle expérience.”
Influencés par les clichés hétéros, on aurait tendance à penser que ce sont plutôt les hommes qui demandent à leur partenaire de s’essayer à ce type de pratiques qui “sortent de l’ordinaire”, mais, selon notre panel de jeunes couples, ce sont souvent les femmes qui font le premier pas. “La première fois que nous sommes allés dans un club libertin avec ma copine, nous avons rencontré une bisexuelle. On a conversé, puis les filles se sont embrassées avant d’aller prendre une douche. Elles ne se sont pas souciées de moi jusqu’à ce que la fille en question demande à ma copine si elle pouvait aussi m’embrasser”, explique Jérémy, originaire de Metz. Ces deux-là ne sont pas des cas à part. “De plus en plus de trentenaires se laissent tenter. On sort peu à peu du cliché des quinquas qui souhaitent pimenter leur vie de couple”, confirme Marjorie Cambier, psychologue clinicienne et sexothérapeute, auteure du site Sexopsy-cambier.com.

RENCONTRES 2.0
De quoi redonner une nouvelle jeunesse à cette pratique jadis réservée aux couples plus matures et qui souffrait d’une image ringarde et pas franchement sexy. Si l’ancienne génération se contentait de fréquenter certaines adresses régulièrement (à Paris, Les Chandelles ou Le Moon City), culture millenial oblige, les jeunes couples misent aussi sur des sites spécialisés pour accélérer ce type de rencontres. “Pour cette génération très connectée, il est tentant d’y faire un tour, par curiosité, avant de sauter le pas, ou pour trouver facilement un ou une partenaire dès qu’on en ressent l’envie”, poursuit Marjorie Cambier. Wyylde.com est le site le plus populaire, l’équivalent libertin de Tinder ou de AdopteUnMec. Un tiers de ses nouveaux inscrits a entre 20 et 30 ans – contre une majorité de quadragénaires il y a encore quelques mois –, et représente une nouvelle génération friande de porno, très influencée par ses codes, qui banalise le triolisme et autres gang bangs.

HARD DE VIVRE
Alors, comment devient-on libertin ? Certains se lancent pour briser la routine, d’autres pour “sauver leur couple”, aussi étrange que cela puisse paraître. Mais attention à ne pas franchir le cap pour faire plaisir à l’autre, ou, au contraire, à placer ses désirs au premier plan.

Cela me permet d’éviter l’ennui d’une sexualité classique.

L’impulsion doit être commune. “À chaque fois qu’on va dans un club libertin ou dans une soirée privée, on y va à deux, sinon ce n’est pas du jeu. Il m’arrive de ne pas coucher avec d’autres femmes, mais de prendre du plaisir en observant ma copine faire l’amour avec des partenaires différents”, explique Mathieu. Pour Manon, 28 ans, sa compagne, accro au sexe sulfureux depuis dix ans, le libertinage est carrément devenu un mode de vie : “Cela me permet d’éviter l’ennui d’une sexualité classique. J’ai déjà fait l’amour à plusieurs, avec des dizaines de personnes en même temps (dans les clubs libertins, certaines pièces peuvent accueillir jusqu’à trente personnes, ndlr). J’ai déjà utilisé des accessoires comme des sex-toys, des menottes ou des fouets, la plupart du temps avec des femmes. Par contre je n’aime pas le SM, à chacun de fixer ses limites.” Dans le quotidien de Jérémy aussi, cette pratique sexuelle a eu un impact, en lui permettant entre autres de renouveler son cercle de potes : “J’ai changé certaines de mes habitudes. Avant j’adorais voyager, aujourd’hui, tous les étés, je descends dans le Sud de la France, à Agde, pour y retrouver mes amis libertins.” Mais la plupart de ses proches ne sont pas au courant : “Je n’ai jamais osé en parler aux membres de ma famille par exemple, ils ne sont pas ouverts d’esprit, ils ne comprendraient pas. Certains de mes amis m’ont d’ailleurs tourné le dos.” Si ses rangs se renouvellent, le tabou du libertinage, lui, reste intemporel.


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Justine n’a jamais cherché à devenir libertine, c’est le libertinage qui est venu à elle. Pour nous, la jeune femme revient sur la rencontre qui a tout changé et les multiples expériences sexuelles (mais pas que) qu’elle partage aujourd’hui avec son mari.

Il y a encore une dizaine d’années, quelque temps avant mon mariage, je menais une vie sexuelle plutôt classique. J’étais sage et réservée, mais à l’aise avec mon corps. Tout a basculé quand j’ai rencontré A. au travail. Une femme magnifique, qui est rapidement devenue une copine. Nous passions beaucoup de temps à discuter, elle me racontait ses soirées arrosées, ses rencontres avec des hommes. Elle était étudiante, jeune, libre. Elle n’avait aucun tabou. Très vite, je suis tombée en admiration pour elle, son style vestimentaire, son style de vie, son aisance.

“Le jour où j’ai embrassé cette femme, j’ai compris qui j’étais”
A. était sûre d’elle, bien dans sa peau, elle ne se posait aucune question et se foutait franchement des qu’en-dira-t-on. Ce qui me frappait, c’était ce sentiment qu’elle était à l’extérieur ce que j’étais à l’intérieur. Je sentais que je lui ressemblais, mais qu’un nœud au fond de moi m’empêchait de me révéler. Quelque chose bloquait.

Je suis libertine : témoignage d'une femme délivrée

Je suis libertine : témoignage d’une femme délivrée

Un soir, je l’ai suivie dans un bar. Nous avons bu et fait la fête. Je gardais mon masque professionnel, je n’osais pas me lâcher. Pourtant, A. m’envoyait des signaux, elle commençait à flirter avec moi. Je n’avais jamais embrassé une fille et ça me paraissait impossible. Ce n’était pas moi. Au fil de la soirée, cette impression que je me contenais beaucoup trop a fini par me mettre au défi. Hypnotisée par A. et portée par l’ambiance, j’ai choisi de me laisser faire, de déconnecter, de casser mon image. A. m’a embrassée et j’ai eu un déclic, sans pouvoir poser des mots.

“Avec mon partenaire, nous voulions tester de nouvelles expériences sexuelles, ensemble ou à plusieurs”
Lorsque A. a posé ses lèvres sur les miennes, elle nous a prises en photo, euphorique et heureuse d’immortaliser l’instant, le plaisir. Elle a posté le cliché sur Facebook, mais ça je ne le savais pas encore. Je suis rentrée chez moi un peu bredouille. Je voulais en parler à B., mon futur mari avec qui j’étais déjà depuis cinq ans, parce qu’il venait de se produire quelque chose de fou en moi. Une envie de m’affranchir des règles. Mais j’étais gênée, je ne savais pas comment il allait le prendre. Ce n’était même pas une question de culpabilité, car je ne m’en voulais pas. Je me sentais bien.

B. m’a tout de suite ôté une épine du pied puisqu’il venait de voir la photo sur Facebook et qu’il trouvait ça “chouette” . Il était titillé par cette image et par cette “nouvelle moi”. Nous avons discuté de cet événement, de mon ressenti, et on a conclu qu’on pourrait un jour tester de nouvelles expériences sexuelles, ensemble, à plusieurs. Néanmoins, pris par l’organisation du mariage, nous avons mis le dossier de côté.

“Notre envie première était que je fasse l’amour avec une femme sous les yeux de mon mari”
Après notre mariage, le sujet est revenu naturellement sur le tapis. Ce qui s’apparentait le plus à nos désirs était le libertinage. Pour nous, le libertinage est un espace de liberté de pensée et d’agir. C’est aussi un esprit de partage. C’est ce que nous attendions : nous ouvrir. A nous-mêmes, mais aussi aux autres. J’ai alors surfé sur le site nouslibertins.com et je nous ai inscris. Un mélange de curiosité et d’excitation.

Notre envie première était que je fasse l’amour avec une femme sous les yeux de mon mari et du sien, tandis qu’ils pourraient nous caresser, mais chacun sa chacune. Notre limite était telle que je ne voulais pas embrasser d’autres hommes, tout comme mon partenaire n’embrasserait pas d’autres femmes. Nous sommes tombés sur un couple partant et nous avons beaucoup discuté tous les deux avant cette expérience. Etre en confiance est primordial. Si l’un de nous deux ne le sentait pas, ou plus, il stopperait tout. Dans ce genre d’expérience, celui qui stoppe a toujours raison.

“On ne parle pas tant de plaisir sexuel, mais de partage”
Le jour venu, nous nous sommes laissés porter par le moment présent. Puis, très délicatement, l’autre homme a attrapé la main de mon mari et l’a déposée sur les seins de sa femme. C’était une invitation à aller plus loin. Ce n’était pas prévu, mais ce n’était pas forcé, non plus calculé. Pour autant, nous ne nous sommes pas mélangés, nous ne voulions pas aller trop vite. Mais ce geste, aussi puissant soit-il, nous a plongés dans une nouvelle dimension. Il a ouvert des portes.

C’était très agréable d’un point de vue sensations, mais dans ce genre d’aventure, on ne parle pas tant de plaisir que de partage : nous venions de partager quelque chose de dingue. Le lendemain, nous étions tous les deux sur un petit nuage. Nous avions le sentiment d’avoir vécu une soirée exceptionnelle et d’être exceptionnels. C’était assez dingue et cela nous rassurait quant à la direction que nous prenions.

“Le libertinage est une cerise sur le gâteau”
Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous avons tenté plusieurs types d’expériences. Nous évoluons, ça s’est fait très lentement. Au sein du libertinage, il y a toute sorte de pratiques : le mélangisme (pas de pénétration hors couple), l’échangisme, le “côte-à-côtisme” (deux couples font l’amour côte à côte). Avant de nous lancer, nous parlons des heures. Et puis, nous avons toujours eu une relation épistolaire, alors nous n’hésitons pas à nous écrire de longs mails pour partager nos désirs et nos fantasmes, aussi nos limites.

Nous ne nous forçons jamais. Nous prenons les rencontres comme elles se présentent, on ne s’impose rien. Il nous est arrivé de tout abandonner pendant deux ans pour cause de soucis familiaux. Nous nous sommes alors éloignés du milieu libertin et ça nous manquait. Ce mode de vie est pour nous une cerise sur le gâteau. Nous aimons vivre ces instants exceptionnels, suspendus dans le temps, hors du temps.

“Nous ne courons pas après l’acte en lui-même, nous aimons la séduction, le fait de s’apprêter”
Nous cherchons d’abord à rencontrer des personnalités, à nous faire des amitiés à géométrie variable, comme on aime le dire. Nous créons des liens et nous voyons où ça nous mène. Nous ne considérons jamais les autres comme de simples plans cul. Très fréquemment, nous profitons simplement d’une expo avec des personnes pour qui nous avons un coup de cœur. Nous tombons sur des gens de tous milieux, aux histoires différentes, qui nous racontent leurs vies, leurs voyages, leurs métiers. C’est génial. Notre démarche ne se résume pas au sexe, elle est bien plus profonde que ça. Penser que ce n’est que du sexe, c’est réducteur.

On s’aperçoit vite que sur les sites de mise en relation pour libertins, il y a deux types d’approches. Il y a les personnes qui veulent simplement du sexe et qui envoient d’emblée un “galerie ?”, pour qu’on ouvre nos photos au public car elles sont privées. Ces individus sont là pour faire leur marché. D’autres, au contraire, privilégient l’humain, sans arrière-pensée. Nous appartenons à la deuxième catégorie. Nous ne courons pas après l’acte en lui-même, nous aimons la séduction, le fait de s’apprêter, comme si nous étions “un couple célibataire”. Nous nous sommes toujours dit que si nous n’avions pas de papillons dans le ventre avant un rendez-vous, on annulait. Ce n’est pas de l’amour, c’est davantage de la curiosité, une envie physique, un besoin relationnel.

“En ce moment, on s’initie au BDSM”
Nous sommes aussi libertins à deux. C’est un état d’esprit, une ouverture. Dans notre intimité sexuelle, nous restons friands de découvertes. Nous choisissons de la lingerie et nous testons de nouveaux sextoys. L’important est d’être sur la même longueur d’onde et de s’écouter l’un, l’autre et soi-même. Des mots que je me martèle régulièrement. En ce moment, on s’initie au BDSM (6 conseils hot pour dominer son homme à lire ici), et plus particulièrement au DS, c’est-à-dire à la domination-soumission. Nous commençons à peine, de façon ludique, pas violente du tout. Nous prenons notre temps, nous aimons l’exploration en douceur, et toujours sérieusement. Nous sommes intéressés par le rapport psychologique, plus que le rapport physique de cette pratique. Nous cherchons le lâcher-prise total, le fait de se laisser aller complètement à l’autre, de s’en remettre à lui en toute confiance.

“Je serais très gênée que ma famille le découvre”
Nos proches ne savent rien. Certes, ils devinent que nous sommes sexuellement à l’aise. Je n’ai aucun problème quand il s’agit de montrer ma boîte de jouets à mes copines. Mais on ne raconte rien de notre libertinage. Ce qui est drôle, c’est que nous sommes déjà tombés sur un couple d’amis sur le site que nous ne savions pas libertins. Nous ne montrons pas nos visages, mais ils ont reconnu notre style de photos. La “règle” tacite dans ce cas c’est “je sais et tu sais, très bien, mais personne ne raconte rien ailleurs”. Je serais très gênée que ma famille le découvre. Chez nous, le sexe n’est pas quelque chose que l’on dit ou raconte. C’est très personnel.

Nous nous cachons sous des pseudos. Ce sont des amis libertins qui m’ont inspiré le prénom de Justine après m’avoir surnommée ainsi en référence à Justine ou les Malheurs de la vertu, du marquis de Sade. Et j’aime beaucoup cette Justine, cette femme que je suis devenue, bien dans ses baskets, au lit comme dans la vie de tous les jours, depuis ma rencontre avec A…. qui a changé ma vie.


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Vous avez la sensation que votre couple ronronne, qu’il a perdu cette passion tant appréciée des débuts et que rien n’arrive à la réveiller à nouveau. Faut-il pour autant envisager l’échangisme ?

Pierre et Isabelle sont en couple depuis 14 ans. Ils ont deux enfants en pleine forme et tout se passe plutôt bien pour eux. Sauf que, depuis quelques années, ils s’ennuient au lit, surtout Pierre qui n’arrive plus à se satisfaire de leurs habitudes sexuelles. Avec les années et la venue des enfants, ils n’arrivent plus à retrouver cette plénitude, cette légèreté et spontanéité des débuts.

Ils ont tenté d’en parler ensemble, de pimenter leurs ébats mais les efforts s’essoufflent trop rapidement pour en revenir, finalement, aux mêmes habitudes. C’est alors que Pierre propose à Isabelle de tenter une expérience : et pourquoi pas tester l’échangisme ? Cette pratique est de plus en plus répandue aujourd’hui, de nombreux couples osent tenter l’expérience … alors pourquoi pas eux ?

Peut-être que, comme Pierre et Isabelle, vous avez la sensation que votre couple ronronne, qu’il a perdu cette passion tant appréciée des débuts et que rien n’arrive à la réveiller à nouveau. Faut-il pour autant envisager l’échangisme ? Quels sont les avantages mais aussi les risques d’une telle pratique ? C’est ce que je souhaite aborder dans cette nouvelle chronique sexo.

D’où vient cette pratique ?
Il est difficile de savoir exactement quand le libertinage a commencé… mais il semblerait que ses pratiques soient aussi vieilles que le monde. Que ce soit durant l’époque Romaine, au moyen-âge ou durant la fameuse époque du XVIIIème siècle, les orgies, banquets ou jeux laissaient place à une réelle libération des mœurs.
On en entendra beaucoup moins parler par la suite mais c’est en Europe, durant la seconde guerre mondiale, que se développera le concept de « key parties », soirées durant lesquelles les hommes mélangeaient les clés de leurs chambres pour être choisis au hasard par leurs épouses.

La libération sexuelle durant les années 70 amènera un autre concept : celui de communauté sexuelle qui change les règles du jeu, ne prônant plus alors la préservation du couple comme c’est le cas dans l’échangisme.

Aujourd’hui, et depuis une bonne quinzaine d’années, le nombre de clubs échangistes ou de sites dédiés à ses praticiens ne cesse d’augmenter, témoignant d’une réelle volonté de casser la routine sexuelle tout en préservant son couple.

Quelques données chiffrées :
En Belgique, 1 personne sur 10 fréquenterait des clubs échangistes mais 7% des Belges pratiqueraient régulièrement l’échangisme.

Les hommes y sont 4x plus représentés que les femmes avec 16% contre 4% des femmes. Par ailleurs, les Belges seraient ceux qui feraient le plus l’amour en présence d’autres personnes : 17% contre 10% à 13% dans les pays avoisinants.

En ce qui concerne les classes sociales, elles y sont toutes représentées, et il y aurait autant de jeunes que de plus âgés, contrairement à ce que l’on peut croire.

L’échangisme, concrètement c’est quoi ?
Il s’agit d’une pratique de relations sexuelles entre adultes consentants qui s’échangent des partenaires dans le but de partager de nouvelles expériences.

Au sein de ce concept, beaucoup de choses sont possibles :

• l’échangisme dans le couple hétérosexuel,

• le mélangisme (découvertes d’autres partenaires sans qu’il n’y ait de pénétration hors couple),

• le triolisme (au couple s’ajoute un partenaire supplémentaire),

• le candaulisme (l’homme observe sa femme durant un rapport sexuel avec un autre homme),

• le cotéacotisme (avoir des rapports sexuels avec son partenaire en étant suffisamment proche d’un autre couple pour une observation mutuelle),

• l’échangisme dans le couple bisexuel (où toutes les combinaisons sont possibles)

• la sexualité de groupe (également appelé « partooze » qui peut se pratiquer en club ou à domicile, selon les règles émises par les pratiquants).

L’objectif est clair : prendre du plaisir, et pour l’atteindre, tout est envisageable tant qu’il y a le consentement de toutes les parties. Cela se pratique en club, en soirée privée ou en petit comité à la maison.

Y a-t-il des étapes à suivre ?

Si vous en arrivez à faire ce constat d’ennui sexuel, il est avant tout primordial de prendre le temps d’en parler à deux. Avez-vous réellement tout fait pour réveiller votre sexualité ? Votre sensualité ? N’y a-t-il pas d’autres manières d’agir avant d’envisager une telle étape pour votre couple ? Seriez-vous réellement prêts à voir votre partenaire dans les bras d’une autre personne et d’y prendre du plaisir ?

Y penser est une chose, mais le voir en est une autre … alors abordez concrètement toutes ces facettes avant d’aller plus loin dans votre cheminement. Par ailleurs, et ce de manière plus individuelle, n’hésitez pas à réfléchir à vos envies : le feriez-vous pour vous et votre couple ou pour faire plaisir à votre conjoint? Dans ce cas les choses seraient-elles justes ?

Une fois cette étape réalisée, il sera nécessaire ensuite d’établir vos règles respectives : avez-vous besoin de rencontrer d’autres couples avant d’aller plus loin ? ou au contraire ne pas créer de lien avant la rencontre sexuelle ? S’agit-il juste du plaisir des yeux ou peut-on aller jusqu’au rapport sexuel en tant que tel ? Tout doit être dit … cela vous permettra de réaliser plus concrètement ce qui peut se passer, et donc vérifier que vous pourrez gérer ce genre de situations le moment venu.

Quels sont les avantages pour le couple ?
Pour ceux qui ont « osé passer le cap », il ressort que leur sexualité est réveillée, que le désir et l’excitation est à nouveau au rendez-vous. Le couple retrouve une sorte de deuxième jeunesse, les deux partenaires étant alors ré-érotisés, plus attractifs et découverts différemment.

Par ailleurs, la notion de couple est conservée, dans le sens où l’objectif est de lui donner un « coup de fouet » et non d’être dans une logique d’infidélité autorisée. Il s’agit d’un projet commun, d’une recherche de couples et de lieux que l’on fait ensemble. On se prépare, on partage ses ressentis, que ce soit avant ou après.

Le jeux de la séduction est également réinvesti, voire certains fantasmes mis en pratique dans un contexte où l’on ose davantage se laisser aller. Certains tabous peuvent également tomber pour laisser place à plus de lâcher-prise et donc plus de plaisir.

Quels sont les risques ?

Il est certain que cette pratique n’est pas sans risque puisqu’elle peut aller jusqu’à détruire la relation de couple.

En effet, certains couples peuvent se sentir perdus, déséquilibrés après cette expérience. Ils peuvent ressentir une réelle perte de repères, une incompréhension face au choix des partenaires ou des pratiques sexuelles jamais testées au sein du couple. Voir son partenaire dans ce contexte et prendre du plaisir avec d’autres personnes peut se révéler choquant voir dévalorisant si l’on n’y est pas suffisamment préparé. Et cela peut conduire à de la jalousie ou encore une perte de confiance en soi, en l’autre ou en son couple.

Il est possible également que des sentiments viennent se mêler aux rencontres échangistes, surtout si ces couples se voient à plusieurs reprises. L’expérience risque alors sérieusement de dévier de son objectif premier : réinvestir son couple.

Au bout d’un moment, c’est en général un des deux conjoints qui ne souhaite plus poursuivre l’aventure libertine. Il met alors fin à un projet conjugal et ce de manière unilatérale. Cette décision peut amener de grosses frustrations voire des difficultés à se satisfaire de relations sexuelles plus « classiques » pour les partenaires, car soyons honnêtes, il n’est jamais simple de se satisfaire de « moins » quand on a connu « plus ». Un sentiment de frustration, voire de trahison peut faire surface, créant ainsi rancoeur et distance, dans un projet qui est sensé apporter complicité et partage.

Vous l’aurez compris : si ces pratiques libertines peuvent apporter une réelle cure de jouvence à votre couple, elle peuvent tout autant être à l’origine de sa perte.

Il est donc vivement conseillé de prendre le temps suffisant avant de s’y investir, car faire marche arrière est toujours plus délicat que ce que l’on imagine, et, comme dans beaucoup d’autres domaines, la réalité a toujours moins de saveur que ce que l’on avait imaginé ou fantasmé … conseils d’une sexologue !


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9 questions que vous n’avez jamais osé poser sur les clubs libertins

Un club libertin, ça risque pas de faire exploser un couple ?

Tout le monde n’est pas fait pour les clubs libertins et ça ne veut absolument pas dire que c’est bien ou mal.

Il faut voir ces lieux comme une des très nombreuses possibilités d’exprimer sa sexualité.

À partir de là, si ça vous attire, que ça attire votre chéri•e, et que vous avez bien discuté de ça ensemble… Ça ne pose aucun problème.

Prenez soin de mettre au point des règles : avez-vous le droit d’embrasser, de toucher, d’avoir des relations sexuelles avec d’autres ? Dans quelles conditions ?

Une bonne idée est de mettre en place un safeword (un mot choisi préalablement) à utiliser si vous vous retrouvez dans une situation qui vous met mal à l’aise.

Le club libertin lieu de rencontre et de plaisir

Le club libertin lieu de rencontre et de plaisir

Par exemple, quand ça ne va pas, une amie me raconte qu’elle appelle son mec Scotty et non plus Scott. C’est très discret, et c’est parfait pour une fuite subtile. Surtout quand l’on est avec d’autres personnes.

Est-ce qu’il y a des partouzes tous les soirs dans les clubs libertins ?

Eh bien… Non. Cela peut arriver, mais il faut pour cela une énergie collective. Certaines soirées sont plus folles que d’autres, tout pareil que certains événements plus « classiques ».

Il faut cependant savoir que la plupart des clubs libertins font des soirées thématiques. On retrouve par exemple régulièrement :

Les soirées où seuls les couples hétérosexuels, les couples lesbiens et les femmes seules sont accepté•es.
Les soirées gang bang où on laisse entrer jusqu’à 6 ou 7 hommes par femmes seules.
Mais aussi les soirées bondage, cuir, ou simplement déguisées !
Il y a certains thèmes qui poussent plus à certaines pratiques et certains endroits qui sont plus connus pour accueillir certains types de soirées et de public…

À vous de faire vos recherches, et n’oubliez pas : si vous voulez que quelque chose de fou se passe, n’attendez pas que la chose arrive. Faites-la arriver !

Est-ce que tu peux entrer dans un club libertin et finalement ne pas baiser ?

OUI. Le consentement est roi.

S’engager dans un club ne signifie pas obligatoirement y avoir une relation sexuelle. À l’intérieur, vous faites ce que vous voulez !

En revanche, s’il vous plaît, ne vous rendez pas dans ce genre de soirées comme on va dans un zoo. N’y allez pas si c’est juste pour rigoler ou pour assouvir une curiosité : c’est profondément irrespectueux pour les gens qui s’y trouvent.

Est-ce que les gens se promènent tout nus dans un club libertin ?

Commençons par le commencement. Il y a deux types spécifiques de clubs libertins :

Les secs, qui ressemblent à des bars ou boîtes de nuit.
Les humides, qui sont en fait des saunas/hammams.
Généralement, dans les deux cas, les gens sont habillés (même si ce n’est que d’un paréo) au niveau du bar et de l’espace dansant.

Dans tous les cas également, ces espaces sont clairement délimités par rapport aux zones dédiées au sexe, que l’on appelle communément Coins câlins.

Dans ces parties, vous pouvez déambuler habillé•es ou nu•es, vu que c’est là que les gens baisent.

On rencontre quel type de personne dans un club libertin ?

En deux mots : DE TOUT. On y voit des jeunes, des vieux, des beaux, des moches, des personnes plutôt aisées, des personnes issues de milieux plus populaires, des habitué•es et des débutant•es…

Au milieu de ça, soyons honnêtes, la moyenne d’âge est un peu élevée. De ce que j’ai vu dans les clubs hétéros et bis parisiens, on retrouve une majorité de quadra/quinquagénaires.

Cette moyenne varie cependant selon les clubs et les soirées.

Il ne faut donc pas être gêné•e par la diversité des corps et des âges quand l’on se rend dans ce genre d’endroits. Toutes ces personnes vont probablement faire l’amour sous vos yeux, et certaines vont peut-être tenter de vous mêler à leur affaire.

Comment ça se passe TRÈS CONCRÈTEMENT de pécho dans un club libertin ?

Désolée mais il n’y a pas de règles. En revanche, disons qu’il y a grosso modo deux manières de faire.

La première est de rencontrer « avant » l’action. Donc vous discutez ou dansez avec une ou des personnes, jusqu’à ce que l’une d’entre vous propose de passer dans les coins câlins.

La deuxième possibilité est de rencontrer des gens alors que vous êtes déjà au milieu de l’action.

Certains espaces pour faire du sexe sont ouverts, et certaines configurations laissent l’opportunité à d’autres individus de rejoindre la danse. Il suffit alors de demander : « est-ce que je peux vous rejoindre » et d’obtenir un oui.

Aussi simple que ça. Bam.

ET LE CONSENTEMENT ? On en parle ?

Cette dernière partie peut faire peur mais rassurez-vous : les clubs libertins sont des lieux généralement safes. Le consentement est règle d’or : si une personne dit non, on ne doit pas continuer.

Si vous avez des limites, par exemple si vous ne supportez pas qu’on vous tienne les poignets, dites-le avant de lancer toute action avec un•e inconnu•e. Cette personne sera ainsi prévenue.

Après, comme partout, il peut y avoir des relous. Rassurez-vous : ils restent très minoritaires.

Autre chose à prendre en compte : dans la plupart des clubs libertins, les espaces pour faire l’amour sont plutôt ouverts. On vous verra donc faire l’amour. Il peut même arriver que des gens s’arrêtent pour vous regarder.

L’exhibition fait partie du jeu. Si vous n’êtes pas à l’aise avec ça, ce n’est peut être pas une bonne idée de tenter cette aventure.

Les clubs libertins, c’est pas super risqué en terme de MST/IST ?

Il y a généralement des capotes partout dans un club libertin. Vous pouvez d’ailleurs amener les vôtres si vous préférez.

À partir du moment où vous en utilisez, les risques sont réduits. Vérifiez simplement que vos amant•es les enfilent bien et rappelez-vous qu’à chaque changement de partenaire, il faut changer de capotes.


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Libertinage : 7 questions que vous n’osez peut-être pas poser… Voici les réponses !

Club échangiste, soirées libertines… Vous avez envie d’en savoir un peu plus sur les codes et les usages de ces pratiques ? Pierre Des Esseintes, spécialiste de la sexualité humaine répond aux questions, parfois un peu embarrassantes que l’on pourrait se poser sur le milieu du libertinage…

Peut-on être libertin, sans être échangiste ?

« Bien sûr, le libertinage est un terme générique. L’échangisme est une pratique particulière parmi les multiples possibilités offertes par le libertinage. Etre échangiste, c’est pratiquer l’échange de partenaires, et cela renvoie à une conception du libertinage un peu dépassée car plutôt machiste : « j’échange ma femme contre la tienne. » Aujourd’hui, dans le libertinage, on compte à peine 50 % d’échangistes. »

Le candaulisme, c’est quoi ?

« Le mot vient d’un roi de Lydie, Candaule, qui appréciait de voir son épouse observée et désirée par un de ses officiers. La pratique sexuelle à laquelle ce roi a donné son nom consiste, pour un homme, à prendre plaisir à observer sa femme en train de faire l’amour avec un autre. »

En quoi consiste le mélangisme ?

« Le mélangisme se pratique entre deux couples, entre lesquels tout est permis, sauf la pénétration « hors couple ». »

Comment savoir si l’autre est intéressé ? Comment « reconnaître » un libertin ?

« Pour savoir si l’autre est intéressé, il suffit de lui demander ! Pour reconnaître un vrai libertin : c’est une personne qui ne vous forcera jamais à faire quoi que ce soit, qui ne sera jamais insistant, ou dragueur… Un libertin est respectueux, et se plie toujours aux désirs des femmes. Le libertinage est le domaine où les femmes sont reines. »

Tout le monde peut-il entrer dans un club libertin ?

« En principe oui. Il faut savoir que certaines soirées sont réservées aux couples, d’autres aux hommes seuls. Ces derniers ont un code de bonne conduite strict à respecter ! »

Pour commencer… plutôt soirée privée ou club ?

« A moins de bien connaître l’organisateur de la soirée privée, je dirais plutôt club. Les clubs permettent une bonne initiation au libertinage, dans un environnement sécurisé. Et l’on ne s’y sent pas obligé de faire quoi que ce soit. On peut s’y rendre, la première fois, simplement pour observer. »

Y a-t-il un dress code particulier pour entrer dans un club libertin ?

« Oui, les clubs libertins sont les derniers endroits où l’on s’habille encore pour sortir ! Pour les hommes, chaussures de ville et chemise obligatoire. Les filles sont encouragées à s’habiller sexy, donc pas de chaussures plates et pas de pantalon ! Il faut savoir que dans un club, une fille peut danser toute nue si elle le désire, ce n’est pas pour ça qu’elle risque une main aux fesses. C’est pour cela que les femmes apprécient les clubs : elles s’y sentent totalement libres, et parfaitement respectées. Certaines, d’ailleurs, ne s’y rendent que pour danser et se sentir désirées, sans aller plus loin. »


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Même si le le libertinage peine à se défaire de sa mauvaise réputation, des jeunes s’y intéressent. Tous n’osent pas franchir les portes d’un club. Des sites de rencontres spécialisés leur facilitent la tâche, et plus si affinités.

Au XVIIe siècle, le libertinage existait déjà. “Ce mot désignait deux branches de dissidence, soit la philosophie contre la religion, soit la liberté sexuelle”, annonce Didier Foucault, auteur du livre Histoire du libertinage : des goliards au marquis de Sade (éditions Perrin). Au XXIe siècle, des hommes et des femmes sont toujours libertins. “La population est très variée. Le libertinage touche tous les âges et toutes les catégories socioprofessionnelles. Depuis janvier 2017, 29 % des nouveaux inscrits ont entre 18 et 25 ans”, précise Benjamin Warlop, chargé de communication de Wyylde, le site de rencontres libertines qui a succédé à Netechangisme. En 2014, une enquête de l’Ifop démontre qu’environ 5 % des Français ont essayé l’échangisme. “La pratique la plus populaire est le plan à trois, qui tourne autour des 11 % en France. Le libertinage y reste minoritaire”, renchérit François Kraus, directeur des études.

Une alternative aux clubs
Les clubs libertins rebutent parfois. Du haut de ses 19 ans, Lucie*, en couple avec Robin depuis un an et deux mois, n’a jamais été tentée. “Personnellement, cela ne m’a pas traversé l’esprit. On commence seulement”, avoue-t-elle. Alors que les sites de rencontres les aident à tisser des liens, les clubs libertins les emmènent en terrain inconnu. “Internet permet d’y aller en douceur, de discuter avec les gens, de se poser les bonnes questions. Dans un club, nous avons moins de choix, ce qui limite nos chances de trouver quelqu’un qui nous plaît. On se sent presque obligé de faire quelque chose”, remarque Méryle, fondatrice du site HFlibres.

Olivier et Perrine, malgré leur jeune âge, 21 ans et 20 ans, ont déjà été dans un club. “L’ambiance y est festive et respectueuse. La première fois, nous étions très stressés et mal à l’aise. Maintenant, ça va beaucoup mieux. Nous voyons régulièrement les mêmes personnes”, détaillent-ils. C’est lors d’une de ces sorties qu’on leur a conseillé de s’inscrire sur Wyylde. Grâce à ce site, Olivier et Perrine ont rencontré un groupe de libertins. “Nous avons été au restaurant, puis dans un club. Nous étions quatre couples au restaurant et une dizaine à la soirée”, continue Olivier.

Badoo, un autre terrain de chasse
Parfois, des libertins élargissent leurs recherches. Ils s’inscrivent sur Badoo ou Tinder pour un plan à trois. Selon un sondage réalisé par l’Ifop en 2015 , 40 % des Français se sont déjà inscrits au moins une fois sur un site de rencontres. Et 38 % d’entre eux avouent chercher seulement un coup d’un soir.

En couple avec Sandra depuis cinq ans, Christophe a trouvé une femme sur Badoo. “Dans sa description, il était marqué qu’elle était ouverte à un plan à trois. Nous avons parlé avec elle pendant trois semaines, avant de la rencontrer. Depuis que nous sommes sur NousLibertins, nous ne sommes plus en contact”, ajoute ce libertin de 24 ans.

De l’expérience à la clé
Tout porte à croire que le public intéressé par le libertinage est plutôt jeune. “En général, les couples ont entre 20 et 35 ans. Cet attrait vient du porno, les gens y voient une sexualité débridée. Ils se mettent à faire de l’échangisme, du triolisme, un gang bang… “, souligne Cédric, président de NousLibertins. La sexologue Karin Rousseau va plus loin : “Il y a une recherche de performance : ‘Je veux être le meilleur amant.'”

C’est pour gagner en expérience que Marc est devenu libertin. Après une rupture douloureuse, il n’arrivait plus à s’investir dans une relation. Depuis un mois, il est inscrit sur NousLibertins. “La multiplicité des partenaires évite l’attachement”, commente Karin Rousseau.

À 19 ans à peine, Marc a déjà rencontré une femme de 32 ans. “Nous nous sommes vus dans un lieu public, puis dans un hôtel”, se rappelle-t-il. Son jeune âge est parfois un handicap, parfois une aubaine. “Des libertins auraient essayé avec moi, si j’étais un peu plus vieux. D’autres sont attirés par ma jeunesse. Je parle actuellement avec un couple, dont la femme est plus âgée. Elle a l’air très jolie et mature “, raconte-t-il

D’abord curieux, Thomas y a également pris goût. Pourtant, il ne s’imagine pas continuer quand il sera en couple. Jusqu’à présent, il a eu des “aventures” avec un couple et trois femmes.

Eve de Candaulie, auteure de L’infidélité promise (Tabou éditions), pour sa part, en a rencontré de tous les âges. “J’ai même fêté l’anniversaire d’un petit jeune de 18 ans avec ses cousins dans un club libertin. Au fond, l’âge ne change pas l’alchimie entre deux personnes. Avec moi, c’était un super bon coup”, conclut-elle.

Un moyen de raviver la flamme
Sur les sites de rencontres libertines, le choix est assez vaste. Des célibataires, des couples, des homosexuels ou encore des transgenres s’inscrivent. Des amitiés et des couples se forment même par leur biais. “Des membres se marient. Ils nous envoient des photos de leur bébé. Ils nous remercient d’exister”, déclare Cédric, président de NousLibertins. De plus en plus de couples expérimentent le libertinage.

Il y a trois ans, Alexandre prend cette décision avec sa moitié. Depuis, ils ont pris l’habitude de rencontrer des libertins, en couple ou séparément. Quand il s’agit d’une rencontre en couple, ils privilégient leur tranche d’âge, la vingtaine. “Mais cela ne me dérange pas de voir une femme plus vieille, tout seul”, admet Alexandre. Petit à petit, avoir d’autres partenaires pimente leur vie de couple. Ensemble depuis trois ans, Marie et Nicolas cherchent de nouvelles expériences. Pour l’instant, ils ont testé le “côte-à-côtisme”, c’est-à-dire qu’ils ont fait l’amour à proximité d’un couple, sans aucun contact avec lui.

Côte-à-côtisme et mélangisme, des choix judicieux pour un début
Différentes pratiques les aident à changer de routine : le candaulisme, l’échangisme, le mélangisme, le triolisme… Si un homme essaie le candaulisme, il sera excité de regarder les ébats de sa compagne avec un autre. Dans le triolisme, il va les rejoindre.

“Le libertinage n’est pas nécessairement de l’échangisme. Il ne se limite pas à un échange de partenaires. Quand il y a du voyeurisme, c’est déjà du libertinage. Quelqu’un qui fait du côte-à-côtisme, c’est du libertinage. Ceux qui pratiquent le mélangisme, c’est encore du libertinage. Ils vont se mélanger à un autre couple. Ils vont s’embrasser, vont peut-être aller jusqu’aux préliminaires. Mais il n’y aura pas de pénétration hors couple. Il y a aussi le 2 + 2, où les partenaires ne sont pas dans la même pièce, constate Fred, administrateur d’Entre Coquins .

Chaque couple évolue à son rythme. “Ils commencent par du côte-à-côtisme ou du mélangisme”, dit Méryle, fondatrice de HFlibres. Olivier et Perrine sont passés par là. “Nous sommes prêts pour l’échangisme. Nous attendons juste le bon moment”, révèlent-ils.

Scato, sodomie et SM, non merci
L’essentiel est d’éviter de se précipiter. Edouard et Sophie, âgés de 28 et 26 ans, étaient perdus au début. “Nous avons rencontré un couple avec lequel nous avons échangé tout de suite, de manière trop brutale. Après, nous sommes revenus au mélangisme”, regrette Edouard. En effet, il arrive que des libertins doivent fixer des limites. Marie et Nicolas, par exemple, n’embrassent personne. “C’est un acte lié à l’amour”, se justifient-ils. Jonathan, quant à lui, est un novice de 23 ans. Il a rencontré trois couples avec sa copine. Mais il n’accepte pas tout : “Nous ne faisons rien de plus que ce que nous faisons en couple : pas de SM, pas de sodomie… Je n’ai pas encore droit à la sodomie. Il est hors de question qu’elle le fasse avec un autre mec.” Désormais, Edouard et Sophie ont défini des limites. “La scato et le SM hard, ce n’est pas notre truc. La sodomie, nous la testons en couple”, expliquent-ils.

Un mot qui fait peur
Évidemment, le libertinage est toujours tabou. “Pour nous, c’est une façon de vivre sa sexualité et non de la consommation. Le libertinage renforce la nécessité de dialoguer, de se comprendre”, insiste Roxane, en couple avec Florian depuis quatre ans. Même si ces couples sont très ouverts, ils restent fidèles. “Cela peut paraître spécial pour ceux qui ne sont pas libertins. Il faut avoir confiance en son couple”, garantit Méryle, libertine elle-même.

Mais le terme intimide. Alors qu’elle animait un atelier sur le libertinage, Ève de Candaulie s’est aperçue que des personnes étaient choquées, car elles l’associaient à quelque chose de peu recommandable. Elle s’est donc adaptée : “J’ai changé le nom de l’atelier : non-exclusivité sexuelle. Tout de suite, cela faisait moins peur.”


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Relation ouverte, échangisme, adultère, liberté sexuelle… Des façons de vivre le couple autrement existent, mais ne fonctionnent pas forcément pour tous.

La question
Mon conjoint doit partir travailler à l’étranger durant un an. Nous avons une vie sexuelle très active et nous réfléchissons à «ouvrir» notre relation, mais je crains que cela mette à mal notre couple. [Céleste, 33 ans]

La réponse
Cette nouvelle étape dans la vie de votre partenaire vous pousse à des changements. Au lieu de changer de couple, vous réfléchissez à choisir un nouveau modèle. C’est un pari que beaucoup ne sont pas prêts à faire. Liberté sexuelle, relation ouverte ou échangisme sont des termes de plus en plus évoqués aujourd’hui. Souvent murmurés, mais rarement abordés posément. En effet, ces modifications au sein des rapports amoureux touchent à des dimensions sensibles telles que la jalousie et la sécurité affective. Ces questionnements ébranlent également les valeurs qui constituent les fondations du lien. Votre crainte est un sentiment habituel lors d’une décision comme celle-ci.

La distance a des effets divers et variés. Elle peut éloigner comme elle peut rapprocher. Elle est susceptible de stimuler le désir et l’attirance. Le sentiment de manque peut être douloureux, et faire en même temps exister l’autre dans l’esprit. Si cela vous fait peur, trouvez des solutions pour maintenir un lien entre vous deux. Inventez des rituels qui vous permettent de vous sentir proches affectivement malgré cette séparation physique.

Votre intimité sexuelle est riche, selon vous. Quels sont les besoins que cette «richesse» comble? L’ouverture à des relations «adultères» permet certes d’élargir vos expériences et de satisfaire votre appétit. Mais si votre sexualité de couple sert à renforcer le sentiment de partage, de réunion ou de rencontre, il est possible que les rapports extraconjugaux n’assouvissent pas vos besoins. Définissez clairement ce que l’un et l’autre vous recherchez et positionnez-vous par la suite. Entendez-vous également sur un cadre et des limites qui seraient au service de votre relation (avec qui, comment, où).

Une fois le chemin balisé, profitez de cette nouvelle aventure et permettez-vous d’évoluer en fonction du ressenti éprouvé lorsque vous l’aurez expérimenté.

Par ssypu swinger


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Rencontre avec Paul et Céline* , trentenaires lorrains qui lèvent le voile sur leur vie de libertins épanouis.

Le libertinage ? « Je connaissais sans pratiquer », raconte Paul. Profession libérale, ce trentenaire messin a rencontré Céline, sa compagne qui exerce dans le milieu hospitalier, il y a plus de dix ans.

« Nous avons commencé par pratiquer le naturisme. Après six années de vie en couple, nous avons eu envie d’attiser notre relation, de satisfaire notre curiosité », explique le tandem dont l’aisance et la sérénité inspirent un sentiment d’équilibre et de bien-être.

Le libertinage comprend différentes pratiques. Mélangisme, candaulisme, triolisme… Paul et Céline sont adeptes de l’échangisme, « mais nous y sommes allés par étape et avons parfois fait machine arrière. Nous avons commencé par le côte-à-côtisme. Faire l’amour avec son partenaire en présence d’autres couples qui se livrent au même exercice. L’excitation des autres était stimulante pour nous. Dans le milieu, nous avons trouvé beaucoup de respect et d’élégance. Au fil du temps, nous nous sommes fait des amis, de tous âges et sans aucune barrière sociale. Même si l’on note que, depuis quelques années, le milieu rajeunit. Il y a beaucoup de trentenaires comme nous. Avec certains, nous ne pratiquons plus de sexe, mais partageons une grande liberté de parole, le goût de la fête. Nous sommes des épicuriens. Le libertinage est un art de vivre. »

Jusqu’à une trentaine de couples en soirée privée
Si le couple a fréquenté jadis quelques clubs échangistes, il préfère aujourd’hui « au business et à l’ambiance parfois peu respectueuse des femmes dans les clubs, les soirées privées où l’on se retrouve quelquefois à quatre, d’autres jusqu’à une trentaine de couples… » Selon ces initiés, la Lorraine n’est pas égale en matière de clubs échangistes. Metz est la ville la mieux fournie. A Nancy, il n’y a plus rien, une vieille maison dans les Vosges… « Quand nous voulons sortir en club, c’est vers la Belgique et l’Allemagne que nous allons. »

Depuis cinq ans qu’ils « coquinent » librement, difficile d’imaginer un retour à une sexualité moins libre. « En tant que femme, le libertinage m’a appris à découvrir mon corps, mes envies. Je me suis épanouie », confie Céline. Et si l’échangisme est « un jeu et une affaire de couple », les deux Lorrains s’entendent sur un point. Ici la femme est mise sur un piédestal. « C’est elle qui décide et mène la danse. »

Par ssypu swinger


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Pour le savoir, Emma, journaliste qui explore les dessous du Grand Paris coquin, a longuement questionné Pierre Lechat, auteur des “Mille et une nuits d’un libertin”.

Emmanuelle, journaliste et fondatrice du blog Paris Derrière
Jusqu’où les libertins sont-ils capables d’aller ?
Comme leurs ancêtres, contestent-ils l’ordre établi ?
Le milieu libertin est-il vraiment libertin ?
Faire le point nous donne une chouette occasion de mise à nu pour parler sociologie de l’orgie, BDSM, types à poil, mais en chaussettes dans les backrooms, bisexualité de partouze, gang bang de soumis par des dominas et candaulisme avec la femme dans le rôle de la mateuse.
Pour détecter les tabous libertins, encore faut-il bien comprendre de quel milieu nous parlons. Voilà pourquoi j’ai convoqué Pierre Lechat, un beau quadra rencontré lors d’une «soirée». Il a publié cette année un ouvrage pour décrypter ce milieu, Les Mille et une nuits d’un libertin, aux éditions de lui-même, Le Libertin lettré, puisqu’il s’est autoédité grâce à la magie du Net. Je retrouve Pierre au bar de l’Hôtel du Louvre, velours sombre et or, lumière tamisée, ambiance décadence-chic maximum.
Nous voilà fin prêts pour discuter jusqu’à pas d’heure et égrener la liste, assez longue finalement, des tabous libertins sur un ton libre et décontracté. Voici la fidèle retranscription de l’entretien, sans filtre et brute comme le champagne !

Le candaulisme est une pratique sexuelle dans laquelle l'homme ressent une excitation en exposant ou partageant sa compagne à d'autres hommes

Le candaulisme est une pratique sexuelle dans laquelle l’homme ressent une excitation en exposant ou partageant sa compagne à d’autres hommes

LE BDSM

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le panpan cucul, menottes et boule-bâillon ne sont pas légion en club libertin. Certes, il y a souvent une croix de Saint-André dans un coin, mais elle sert essentiellement de déco.
Pierre Lechat : D’abord, dans ces pratiques, il peut ne pas y avoir de sexe physique. Ça peut être uniquement cérébral à base d’humiliation en one to one. Alors que le libertinage implique une sexualité de groupe. Oui, quand on évoque le BDSM (Bondage, Discipline, Sado-Masochisme) auprès des libertins, on est souvent regardé d’une façon un peu bizarre. Les gens ne sont pas tous à l’aise avec ça. Même parmi ceux qui sont tentés, beaucoup n’osent pas. Or, c’est du théâtre, il y a des garde-fous. A tout moment, on peut dire stop. Le BDSM est un milieu en tant que tel, distinct et peut-être un peu plus intello ou du moins cérébral, même s’il est poreux avec le libertinage.
Et vous incarnez cette porosité, vous pratiquez libertinage et BDSM, fromage et dessert…
J’ai la chance d’assumer. J’appartiens à la minorité dans la minorité, c’est celle des switchs, j’aime être tour à tour soumis et dominant.
Et là aussi, vous pratiquez les deux ! Décidément, vous mangez à tous les râteliers…
Exactement ! Ce serait dommage de s’en priver ! Et puis, les bons maîtres font les bons esclaves. Une fois, une domina m’a fait mettre torse nu pour me donner des coups de martinet devant tout le monde en plein cocktail d’accueil avant la partouze. Elle savait comment faire pour qu’il n’y ait aucune marque. Puis, je me suis rhabillé et je suis retourné discuter avec les convives que je venais de quitter comme si de rien n’était. Je n’ai aucun complexe.

LA BISEXUALITÉ MASCULINE

Tabou ? Pas tabou ?
Oui, c’est tabou. Ce n’est d’ailleurs pas vraiment de la bisexualité en tant que telle. J’appellerais ça de la bisexualité de partouze. Des hommes qui peuvent avoir des penchants de ce style ne sont même pas bi. Il ne leur viendrait pas à l’idée d’avoir un rendez-vous galant avec un mec et une liaison sentimentale. Au même titre que les femmes qui couchent ensemble dans le cadre libertin ont rarement de vraies histoires entre elles. Et quand elles pratiquent, il y a souvent des hommes à proximité. Mais il y a une asymétrie : personne ne s’offusque que ces dernières couchent ensemble devant tout le monde, alors que les femmes elles sont moins émoustillées par le fait de mater leur conjoint avec un autre homme.
Ça vient des femmes, selon vous ?
Ça vient des deux. Pour certaines, c’est insupportable et elles estiment que leur homme en perdrait sa virilité. Pour d’autres ça ne les fait pas fantasmer plus que ça, sans crispation particulière. Une minorité adore. Parmi elles, certaines demandent avec un petit air mutin : «Alors, est-ce qu’il reste encore des terra incognita ?» Mais elles demandent à d’autres hommes, pas au leur.
C’est un peu le pendant du mec qui fait des choses crades avec sa maîtresse mais pas avec sa femme. Non ?
C’est un peu ça… Ce que j’explique dans mon bouquin, c’est qu’il est normal que les femmes aient envie de se tripoter. Le corps féminin, c’est la beauté, la grâce et l’esthétique. C’est le point de vue de toute notre civilisation occidentale.
Faut pas charrier, quand une femme pète au lit, aussi canon soit-elle, y’a rien de gracieux ! Vous êtes certain que ce n’est pas une construction sociale, cette histoire-là ? Une construction liée à la représentation artistique et médiatique. Quand on regarde dans les arts et la peinture en effet, le corps féminin est magnifié et beaucoup de peintres ont représenté des modèles nues ensemble, de Renoir (etc.). parce que ces peintres étaient des mecs. Citez-moi une femme qui a peint, photographié des hommes nus à part Patty Smith ?
Effectivement, je ne vois pas. J’ai beau chercher, ni Mme Vigée Lebrun, ni Marie Laurencin…
C’est pour ça que nous avons l’habitude de dire que les femmes sont belles et les hommes moches. Il faudrait qu’il y ait davantage d’artistes femmes qui posent leur regard sur la beauté masculine. Et puis, les femmes aiment bien mater les mecs à poil, je vous le garantis !!!
Oui mais c’est sexuel, pas esthétique. Je ne dis pas qu’un homme est forcément laid, mais ce qui est attendu d’un homme, c’est la puissance, pas la grâce.

Est-ce que ce ne sont pas les mecs qui imposent leur désir de voir des femmes ensemble ? Un fantasme hétéro beauf…
Franchement, si elles le font c’est qu’elles y trouvent leur compte. Pour ce qui est des hommes entre eux, ça arrive que ceux que cela travaille tentent une pipe sur un autre plus ou moins par surprise. Après, ce dernier se dégage ou laisse faire ! J’en ai vu en soirée privée. Mais c’est extrêmement rare. C’est un vrai tabou.
C’est dommageable ? A l’heure où on parle sans cesse d’égalité…
Les hommes qui ont envie d’essayer, essayent tôt ou tard. Ce n’est pas une inégalité, c’est une asymétrie, qui caractérise le milieu d’une façon générale. Je vais d’ailleurs sans doute vous choquer, comme aussi certains courants féministes, mais le milieu libertin est entièrement dominé par les femmes, c’est très clair.
Ouh ! Là ! Là ! Je suis sous le choc, en effet !

LE PLAISIR ANAL MASCULIN

Quand on pose la question à un homme, de prendre un doigt dans le cul pendant une fellation, ou se faire prendre au gode ceinture par une femme, il répond : «Non surtout pas, je passe mon tour », parce qu’il assimile encore ça à de l’homosexualité. Alors que ça n’a strictement rien à voir.
En effet, quand une nana met un gode ceinture, sa voix change, ses seins tombent. C’est la panique !
Le trou du cul d’un homme et celui d’une femme sont assez semblables d’un point de vue neurologique. Il existe des hommes comme moi, parfaitement hétéros et qui aiment ça. Il faut juste tomber sur une dame qui sait s’y prendre.

POUR UN MEC, ÔTER SES CHAUSSETTES DANS LES BACKROOMS

C’est une malédiction ! Il y a tellement de mecs qui gardent leurs chaussettes dans ce qu’on appelle pudiquement les coins câlins, c’est-à-dire la zone où ça nique, que le tabou serait de les enlever. C’est le top de l’érotisme tous ces types tout nu, juste avec leurs putains de chaussettes !
Ce n’est pas un tabou mais une hérésie ou au moins une faute de goût. Même si c’est un Apollon ou un athlète, c’est ridicule ! Et il y en a encore trop !

LES TRAVESTIS ET TRANSSEXUELLES

Tabou, pas tabou ?
C’est un vrai sujet. Je n’en ai jamais vu en soirée privée, seulement deux ou trois en club, toujours les mêmes d’ailleurs, mais attention, les créatures semblaient sans équivoque : 1 mètre 90, pomme d’Adam… Ce n’est pas bien vu. Le milieu libertin est très normatif.
Le problème c’est qu’une fois dans les backrooms, des mecs tapent des scandales lorsqu’ils s’aperçoivent qu’il y a anguille sous roche.

L’URO

Ça peut se faire dans la douche des clubs. Mais en petit comité à l’écart. Il n’est pas rare que les donneurs ou donneuses fassent un blocage psychologique. Pour faire pipi sur quelqu’un, il faut se concentrer car nous ne sommes pas conditionnés pour ça. Ça se pratique plutôt dans l’intimité et entre des gens d’un certain âge. Ça se fait un peu plus dans le milieu BDSM.
Le milieu BDSM serait donc un peu plus ouvert ?
Oui ! Bon, attention, il y a de l’intégrisme SM. Par exemple, dans les donjons où les relations sexuelles sont interdites. Même au sein des libertins, vous avez différentes chapelles, je pense aux « mélangistes » et aux « côte-à-côtistes » qui viennent vous dire que « les partouzes c’est dégueulasse. »
Traduction des mots barbares…
Les « mélangistes » sont des gens qui n’ont de rapports sexuels qu’au sein du couple, ils caressent les autres avec les mains, sans pénétrations et sans rapports bucco-génitaux. Peut-être pas de baiser non plus, mais n’étant pas de ce courant-là, je ne veux pas dire de bêtise.
Courant ? On se croirait à un congrès du Parti socialiste. Les « côte-à-côtistes » ? Rien à voir avec les Pentecôtistes ?
Non ! Pour un couple c’est juste baiser à côté d’un autre ou d’une orgie, sans aucun contact. Ils passent pour des non-libertins auprès des libertins et pour des détraqués auprès de l’extérieur, bref, c’est perdant perdant ! Dans mon livre, je qualifie ça de libertinage bio, sans gluten. Du coup moi, par rapport à eux, je suis « pénétrationniste » !
C’est aussi une façon d’approcher tout ça tranquillement. Non ? Vous croyez qu’il faut absolument se jeter direct à poil dans la partouze ?
Oui, pour rentrer dans l’eau froide, faut y aller direct !

Et vous, quelle est votre chapelle ?
C’est le canal historique mainstream : depuis presque 15 ans, avec ma femme, nous faisons de l’échangisme, des partouzes avec une large palette de pratiques. J’apprécie le BDSM, j’aime me faire dominer. Ma femme, ce n’est pas du tout son truc mais elle est très tolérante sur ce point. Elle m’a même fait une charmante surprise. Un jour, elle m’a livré à 3 dominatrices qui m’ont en quelque sorte gang-bangué. Quel pied ! Et mon épouse a assisté à la scène en buvant le thé avec une amie. Inoubliable ! Je recommencerai volontiers.
Vous pensez que si dans le prochain Fifty Shades, il y avait la golden shower, ça se démocratiserait ?
Peut-être ! Ben, je vais l’écrire ce livre et ce ne sera pas de la romance ! Et puis il y a des techniques.
Faut s’exercer sous la douche, en plus c’est plus écologique que de tirer la chasse !!!
L’argument est imparable !

LES FEMMES CANDAULISTES

Le candaulisme : pratique où dans un couple, le plus souvent la femme a des relations sexuelles avec un ou plusieurs hommes devant son conjoint. C’est très courant et depuis quelques temps, sans être vraiment libertin, il est de bon ton à Paris, de s’adonner aux joies du candaulisme au moins une fois dans sa vie. Une chose est sûre, difficile d’être libertin sans être candauliste. Ce terme provient de la légende du roi Candaule, personnage mythologique qui avait pour passion d’offrir à d’autres son épouse. Mais Pierre, remarquez qu’il est beaucoup plus rare de voir la scène à l’inverse, une dame qui regarde son mari avec une autre.
Déjà, le problème c’est qu’il est beaucoup plus difficile pour un couple de rencontrer une femme seule qu’un homme seul, du fait que les libertines sont moins nombreuses que les libertins. Avec ma femme, ça arrive que nous faisions « partouze à part », mais dans la même pièce. Du coup, ma femme peut me voir avec d’autres femmes.
Disons que votre femme le pratique, alors qu’elle se trouve elle-même entre une fesse et une couille… Pourquoi pas, après tout…
Après, le candaulisme implique peut-être un peu plus d’organisation. C’est vrai que les nanas sont plus rarement candaulistes. Il est plus courant de voir le type qui ne quitte pas son costard de toute la soirée pendant que sa chérie s’envoie tout le monde. Mais je connais quelques femmes qui adorent voir leur mari s’ébattre avec une autre mais toujours avec une dimension BDSM, genre Madame la Maîtresse livre une soumise à son mari. Beaucoup plus rare, j’ai vu une fois une femme se faire humilier sous forme de jeu théâtral par son mari et la pièce rapportée.

Pourtant, ce genre de scénario est légion chez une partie des hommes candau hardcore avec toute l’imagerie de l’amant black à grosse queue, censé être supérieur au cuckold (cocu).
Vous connaissez tout ça à fond Emma, bravo !
C’est normal ! Je suis bien obligée ! Après les gens se plaignent que les journalistes ne connaissent pas la matière !
Et puis, c’est plutôt sympa comme terrain d’investigation. Pour ma part, ça m’amuse beaucoup. Il y a quelques mois, j’ai été interviewé par rapport à ma profession exactement ici, à la table où nous sommes. C’était nettement moins comique ! Évidemment dans mon métier, personne ne connaît ma vie libertine. Mes collègues me prennent d’ailleurs pour un type assez terne, genre « peine à jouir ». En fait, j’aime bien avoir une double vie. Le personnage d’Arsène Lupin me fascinait quand j’étais gosse. Son créateur Maurice Leblanc avait une plume extraordinaire, un style pure, un lyrisme épique et avait le don d’intégrer la fiction dans la grande Histoire. Et puis surtout, son personnage est complètement insaisissable. Il est sans arrêt en train de se déguiser et possède une foule de pseudonymes, comme les libertins.
En tous cas, vous pouvez dire à vos collègues que pour l’anniversaire de votre femme, vous l’invitez à un « dîner aux Chandelles ». Ce n’est pas mentir…
Oui, c’est clair. Se marrer intérieurement, il n’y a pas plus grand plaisir. Courteline disait « il n’y a pas de plus grande jouissance que d’être pris pour un sot par des imbéciles. »
Ça vous choque que les libertins aient des interdits ?
Non c’est normal. Ce qui est grave, c’est de se priver de quelque chose qui vous ferait plaisir, alors que ça ne nuirait pas aux autres, alors que ça leur ferait même plaisir. Par ailleurs, le libertin a le droit de ne pas avoir envie. Contrairement à ce que pensent beaucoup d’imbéciles, les libertines font ce qu’elles veulent et ne se tapent pas automatiquement le premier venu. Dans mon livre, j’évoque longuement cette histoire de préjugé qui veut qu’une femme qui aime le sexe soit une traînée, une mauvaise personne. Ces idées reçues sont encore très présentes dans l’inconscient collectif sous l’influence de la culture judéo-chrétienne et des religions du Livre en général. Le chaos arrive toujours par la faute de la femme, à commencer par le renvoi de l’Eden, ce qui est hallucinant !`

Ces croyances baisent tout le monde. Les hommes souffrent de misère sexuelle. Et les femmes ont peur du sexe. C’est probablement pour cette raison qu’il y a moins de libertines que de libertins. Du coup, ces derniers étant en surnombres, ils payent plus cher l’accès aux soirées.
Dans les anciennes religions européennes, par exemple celles issues de la culture celtique, nées sous des latitudes tempérées, il y a une harmonie et une mesure entre la nature et l’homme, la place des femmes est beaucoup plus équilibrée, dans les mythes et dans la société. Par contre, dans les religions du désert, nées dans une nature oppressive, sous un soleil oppresseur, on a affaire à un dieu vengeur qui menace l’humanité des pires châtiments et catastrophes si elle s’écarte des préceptes qu’il a édictés. Dans un tel contexte, c’est sûr que la place de la femme n’est pas très enviable.
Le milieu libertin est-il vraiment libertin ?
« Libertin » n’a jamais voulu dire sans tabou, ni libertaire. Le milieu a ses normes, les libertins ne sont pas des gens no limit, ce sont des êtres humains comme les autres. Et puis, les pratiques sont hyper cadrées. Il n’y a pas de liberté sans règles. Donc oui, les libertins ont des limites ! Il y a des choses qu’ils n’admettent pas. Moi je l’avoue, mon libertinage n’a jamais rien transgressé, je ne revendique rien à travers cela, je ne me sens pas rebelle. Après, certains ne se sont jamais remis d’avoir piqué du chocolat dans le placard de grand-mère, et briser les interdits les excite. Mais pour moi, quand j’ai commencé, je n’ai rien ressenti de tel, j’étais plutôt dans l’état d’esprit d’un gamin à qui on aurait offert la maison géante en Légo.

Est-ce que le libertinage transgresse encore, alors que tout est permis et que l’on a remplacé la religion par la consommation ?
Bah non, il ne transgresse plus puisque par définition, les libertins consomment, dans tous les sens du terme, même si nous le faisons avec style. Pas obligé d’arriver direct la bite à la main. Le libertinage implique quand même une recherche esthétique selon moi, il faut que ce soit beau. Et puis, il y a un désir d’universalité pour un homme qui peut dire, du moins symboliquement : « j’ai fait l’amour à toutes les femmes » et pour une femme « j’ai fait l’amour à tous les hommes ».
Ça rejoint plutôt la communauté hippie…
Oui, c’est peut-être un peu panthéiste sur les bords ma théorie… Je n’y connais rien en philosophie orientale mais il y a une dimension mystique de la chose. Après, j’apprécie un côté très prosaïque, l’aspect anti-dépresseur et déstressant. Une SDM (semaine de merde) au boulot, on oublie tout dans la partouze, ça régénère, c’est comme le sport. Il y aussi une convivialité d’une forme supérieure, car il y a don de soi, vous êtes obligé de vous livrer, il n’y a pas de tricherie.

LE LAISSER-ALLER

Dans votre livre, vous insistez sur le fait que le libertinage implique une certaine esthétique.
C’est important de se maintenir, de ne pas être trop relâché, par respect des autres et de soi-même. Il faut être quand même un peu dans le contrôle. Olivier de Kersauson disait : « il y a deux choses dont nous ne sommes pas responsables, c’est le nom qu’on porte et la gueule qu’on a. Par contre, s’il y a une chose dont on est responsable, c’est la gueule qu’on fait. »
L’idée, c’est davantage d’afficher un bel équilibre plutôt que de s’enfermer dans la salle de muscu ou se faire liposucer les fesses.
C’est exactement ça ! L’excès est nocif en toute chose, y compris dans les partouzes !
Contrairement aux croyances, le libertinage regroupe tous les âges et tous les corps.
En soirée, il y a parfois des hommes qui vont snober une femme qui est moins bien que les autres. Mais les femmes moins belles peuvent avoir quelque chose de touchant et de sexy. Très récemment, j’ai vu un abruti sans doute plus bête que méchant, faire à une fille une réflexion désobligeante. Elle s’est mise à pleurer. Avec un autre homme, nous nous sommes occupés d’elle. Ce n’était pas une belle femme mais son plaisir était touchant et ce fut un très agréable moment pour tous les trois. Après, tout le monde, y compris les hommes, a le droit de choisir mais un homme n’ose pas trop mettre de râteau à une femme d’abord parce que les libertines sont moins nombreuses. Eh oui ! L’appel de la forêt, certains hommes affamés et uniquement mus par leur instinct ont parfois tendance à tirer sur tout ce qui bouge… Mais aussi parce que ça ne se fait pas trop. S’il ose, il risque de passer alors pour un goujat, un salaud, un impuissant voire un homosexuel. La seule solution, face à une dame qui ne plaît pas, c’est de prendre la tangente discrètement.
Du coup, est-ce que les hommes se forcent parfois ?
Oui, il y en a plus qu’on ne le croit. Mais moi, ça ne m’est jamais arrivé. A chaque fois que j’ai approché une libertine, c’est parce que je lui trouvais quelque chose d’attirant, de sexy et je n’ai jamais regretté.

LES POILS

Je suis incollable suite à ma web série Poilorama sur le site d’ARTE Créative. Chez les libertines, le Mont de Vénus est ratiboisé. La tondeuse fait aussi partie de la panoplie des hommes libertins bon teint…
Le milieu libertin est anti-poil. Concernant les hommes, je trouve ça plus respectueux vis-à-vis d’une femme de lui tendre un sexe avec pas trop de poils dessus, c’est quand même plus agréable pour la langue. J’ai vu des dames commencer une fellation, puis repousser l’homme parce que pas correctement épilé. Les poils sont souvent rêches et retiennent pas mal d’odeurs, notamment la transpiration, ce n’est pas terrible.
Du côté des femmes, même constat. Dans mon livre, il ne vous a pas échappé que je suis un fervent adepte du cunnilingus, voire un fanatique, à tel point que je risque bien un jour de mourir du fameux cancer de la gorge, médiatisé par Michael Douglas. Dans le cunni, le gros du travail se fait avec la langue. Dans ce cadre, les poils, c’est perturbant. L’épilation fait partie de l’entretien. Après, c’est sûr, certains hommes fantasment sur les toisons fournies. Dans la pornographie, il y a une niche « Hairy » pour les amateurs.
Les amateurs de moquette, à la niche !
Il ne faut pas aller jusque-là, mais ce n’est pas le goût majoritaire. Il y a l’excès inverse, les filles qui se précipitent chez l’esthéticienne dès qu’il y a quelques poils. Ce n’est pas sous la pression des hommes, ce sont les canons de beauté de l’époque qui nous influencent tous, même les esprits les plus indépendants d’entre nous. Il est excessif de dire que tout ça vient de la pornographie avec des relents de pédophilie.
Monsieur Lechat a-t-il des poils ?
En effet, pas de fourrure au niveau du service trois pièces, ni des aisselles d’ailleurs si vous vous voulez tout savoir ; là, on bascule vraiment dans la confidence ! Mais vous avec votre web série, vous êtes pro-poil ?
Pas vraiment. Nous avons cherché à savoir pourquoi nous nous épilons, les raisons inconscientes et il y en a un paquet : l’association à la saleté, la peur de la sexualité féminine, la mode et le diktat du lisse dans les médias entre autres…
LES FEMMES FONTAINES
Moi, j’adore ! Mais elles peuvent être facilement gênées et appréhender la réaction des hommes. Il y a aussi cette peur d’être prises en défaut dans une jouissance où elles perdent tout contrôle. En outre, elles craignent que ce soit confondu avec de l’urine. Les hommes aiment bien voir le spectacle mais ceux qui veulent se mettre dessous sont beaucoup plus rares.

LES RÈGLES

C’est un peu la même problématique en plus trash ! Combien de fois ai-je vu des libertines, dépitées de ne pouvoir sortir à cause de ça.
Il y a un aspect physique immédiat et c’est peu ragoutant. Pour certaines, c’est douloureux. Et puis, il y a la peur de la transmission de maladies. Hommes et femmes sont mal à l’aise avec ça. Il faut dire qu’il y a un tabou religieux. Dans les religions du Livre, la femme en menstrues est impure.
Oui, mais bon, au regard de ces religions, la libertine est impure, ragnagna ou pas. Alors foutu pour foutu… pourquoi se priver !? Ensuite je peux comprendre que l’on n’ait pas envie de baiser, mais enfin, il y a d’autres pratiques possibles : pipes, sodomies, caresses, etc.
Si des femmes se censurent, d’autres sortent pour accompagner leur conjoint quand même et s’autoproclament « préparatrices », comme ma femme ! Voire simplement pour profiter de l’ambiance et de la convivialité du moment.
Préparatrice ! Comme dans le sport ! Excellent ! L’important c’est de participer !
Elles se contentent de faire des fellations à des hommes pour qu’ils soient bien prêts pour la copine qui en profitera.
Que serait le libertin sans sa femme ???
Un slip sans élastique ! Ou le Barça sans Messi !

LA SCATO

Je n’ai jamais vu faire, ça reste un tabou absolu. Certains doivent fantasmer dessus quand même. Rien à voir mais il y aussi parfois des pertes fécales de certaines dames pendant la sodomie, cela peut arriver même après toutes les précautions prises (lavements, etc.). Quand ça arrive, elles sont plus gênées que les hommes. Je comprends que ce ne soit pas une situation très confortable.

LA DROGUE

Le milieu libertin n’est pas très branché drogue.
Évidemment ! Le libertin doit garder le contrôle de soi en toutes circonstances, la drogue n’aide pas, ni pour la performance. Et puis, même s’il est vrai que nous sommes moins réprimés par la maréchaussée que jadis, le milieu reste relativement surveillé et nous n’avons pas besoin d’attirer l’attention sur nous. Je n’en ai jamais vu de ma vie que ce soit en club ou en soirée privée. Ce n’est pas un tabou, c’est juste une connerie, on n’en veut pas !
Et l’alcool ?
Moi, je ne bois pas une goutte d’alcool. Les femmes peuvent se permettre de boire un peu plus que les hommes, toujours pour des raisons de performance. Mais j’ai rarement vu des gens saouls. Ce sont plutôt des dépressifs qui pensent régler leurs problèmes en allant dans une partouze, grave erreur !
Le libertin est-il fêtard ?
Pas tant que ça. Nous n’aimons pas la musique à bloc et l’agitation autour de tables encombrées de bouteilles d’alcool comme dans les boîtes de nuit traditionnelles. Certaines soirées peuvent être plus festives que d’autres, mais elles se terminent relativement tôt. C’est quand même très physique, le sexe en plus de la danse !

L’AMOUR

Soyons précis. Avec le conjoint, c’est normal bien sûr. Quand des libertins célibataires se rencontrent et décident d’entamer une relation au-delà du libertinage, aussi. Par contre, lorsqu’il y a, au delà du couple, des atomes crochus qui terminent en sentiments amoureux, là, il y a un gros problème. Même chez les couples les plus libéraux, ça ne passe pas. Pour nous, ce serait très compliqué.
Vous, après la partouze, vous rentrez avec votre femme, seulement tous les deux. Les polyamoureux comme on dit maintenant, ils rentrent à 3 à 4 etc… Ça doit gérer en continu. Ce sont les nouveaux aventuriers.
On choisit d’être libertin mais on ne choisit pas d’être polyamoureux, je pense. On l’est ou on ne l’est pas. Nous avons un couple enfin un trouple d’amis dans ce cas, c’est très compliqué à gérer. Les polyamoureux ne sont d’ailleurs pas forcément libertins.

LA FAMILLE

Quand on est libertin, et qu’on a des enfants ado, on a peur que d’une chose, c’est qu’ils découvrent le pot aux roses. Les gamins vous posent alors des questions sur ce que vous faisiez jeunes, les questions sont très directes. La génération de maintenant est mieux lotie que la nôtre je pense. Les jeunes sont moins coincés avec ces préjugés, mais manquent aussi de recul notamment vis-à-vis du numérique.
Ils connaissent beaucoup de choses aujourd’hui avec internet.
Mais ils ont quand même leur pudeur et leurs limites. Je déplore l’éducation via le X gratuit. Une fois, un de mes enfants est tombé sur un truc trash chez des copains, genre « Une pour huit, huit pour une », je n’allais pas l’engueuler comme un père la pudeur mais je l’ai rappelé à l’ordre : « ce ne sont pas des images pour ton âge. La sexualité ce n’est pas ça. Donc évite ! » Je l’ai prévenu sans l’engueuler, sans engendrer de honte du style « c’est sale !«, il n’y aurait rien de pire pour faire un tordu !
La hantise, rencontrer un de vos enfants en soirée !
Je connais quelqu’un qui un soir, a croisé son père…

LES FEMMES ENCEINTES

La grossesse est souvent un calvaire pour les libertines, car elles sont interdites de plan cul.
Chez certaines femmes, la grossesse décuple le désir. Mais je n’en ai jamais croisé dans le milieu. J’ai juste surpris une fois la conversation téléphonique d’un patron de club refusant une femme enceinte. Pourtant, dirigeant un tel établissement, ce tenancier que je connais bien en a vu des vertes et des pas mûres. Mais il était blême en raccrochant le téléphone. Les libertines enceintes prennent toutes un congé maternité, pas seulement dans le cadre professionnel !
D’où ça vient ?
P : Peur des maladies pour le bébé et surtout l’image de la femme comme mère, qui ne peut pas être une bête de sexe.
Le sexe féminin est le lieu du maternel et du sexuel. Et ça provoque, pour les hommes comme pour les femmes, un malaise.
C’est une terreur sacrée, un vrai tabou !

LES PROSTITUÉES

Ça casse tout, ça gâche tout. Ça fait fermer les clubs pour proxénétisme. Les établissements sérieux font très attention. Et puis, c’est anti-libertin au possible et ça se voit. Ça rebute les autres clients. Le mec a payé une prostituée pour l’accompagner en club. La jeune femme très belle, noire ou de l’Est avec un vieux bedonnant. L’absence de complicité est criante.
Il parait que ça casse la symétrie chez les échangistes. Du coup, la prostituée risque de partir avec l’homme du couple en face. Les libertines, ça leur fait peur.
Et puis, c’est anti-érotique. Dans le libertinage, on vient pour le plaisir et le don. Dès qu’il y a un rapport d’argent, ça pourrit tout.

LES JEUX DE SALIVE

Dans les rapports, le fait de se cracher dans la bouche, oui, c’est très sympa. Mais peu le font.
C’est peut être trop intime ? La peur du microbe ? L’hygiénisme ?
Peut-être pour certains, mais surtout c’est quelque chose de symboliquement assez fort, même violent. Alors que c’est extrêmement excitant. Je me souviens encore de la charmante inconnue qui m’avait fait découvrir ça… Ça m’a beaucoup ému…
Vous en avez encore les yeux qui pétillent…
Je le raconte dans mon livre, une femme était sur moi. Elle me pince le nez, j’ouvre la bouche, elle crache dedans; et elle me met une bonne baffe pour me la refermer ! Quand elle a repris ses esprits, elle s’est excusée. Je lui ai répondu : « mais pas du tout, au contraire ! »
La salive, c’est plus tabou que le sperme ou les secrétions vaginales ?
Oui, c’est étrange alors que la salive passe par la bouche, le reste passe ailleurs…

LES HANDICAPÉS

C’est un vrai tabou. Il est très rare d’en croiser. J’en ai vu quelques-uns au Cap d’Agde. Ce sont plutôt des gens mutilés, plus souvent des femmes que des hommes. Pourtant, ces personnes ont une sexualité, comme tout le monde. Mais ça doit être très compliqué de sauter le pas, comme pour ceux en face.
Dans le BDSM, il y en a davantage. Le handicap devient un argument d’esthétique, façon Crash de Cronenberg. Il faudrait une soirée libertine qui s’ouvre aux handicapés. Non ?
Je trouve ça gênant d’avoir envie de se taper quelqu’un pour son handicap. Ça fait quota. Ce problème est complexe mais n’oublions pas que nous sommes tous des handicapés potentiels. Ça peut arriver à tout le monde.

LA BAISE SANS CAPOTE

Vous en parlez dans votre livre, depuis quelques années, il se pratique des gang-bangs sans capote, du bareback en fait. A la demande du couple, évidemment.
C’est un tabou qui doit le rester. Oui, c’est une minorité mais ça existe. Un risque notable pour un bénéfice minime. C’est vrai que les capotes, ça casse un peu l’ambiance. Le coup de dent pour déchirer l’étui, puis écarter la capote pour se l’enfiler et la dérouler. C’est un désagrément mais pas majeur. Prendre le risque de maladie vénérienne, voire du SIDA, ça n’en vaut pas la chandelle.
C’est quoi le trip du bareback chez les libertins ?
C’est le goût de la prise de risque. Et puis le délire de certaines femmes de se faire remplir. J’ai vu des hommes qui essayent frauduleusement de ne pas mettre de capote. Mais ils se font sèchement rappeler à l’ordre soit par la femme soit par son mari ou encore les hommes autour. Moi une fois, je m’apprêtais à pénétrer mon épouse sans capote, un type m’a dit : »Eh toi ! Qu’est-ce que tu fais ??? » Ma femme : «non, mais c’est mon mari ». Le type : « Oh! Excusez-moi ! » Plutôt rassurant, non ?
J’ai une copine qui préfère mettre elle même les capotes. Comme ça au moins, pas de danger ! Ça lui permet de faire les comptes aussi… Bon, ce que je constate c’est qu’en 15 ans de pratique, nous n’avons jamais chopé de maladie. Il y a plus de discipline chez les libertins qu’ailleurs, sinon ça ne pourrait pas fonctionner.

Est-ce qu’il y a une tendance à l’entre-soi social ?
Dans les clubs, il y a un brassage même si l’accès est onéreux sur Paris. Et puis avec Internet aussi. Une bourgeoise de 50 ans en pleine forme peut fantasmer sur un jeune pompier… Mais c’est dans une certaine limite.
Vous le regrettez ?
Ce n’est pas tant de sélectionner les gens sur l’épaisseur de leur portefeuille. Il y a des gens favorisés imbuvables, y compris dans le milieu libertin. Et quand on peut écarter des gens vulgaires et grossiers, ce n’est pas plus mal.
Est-ce que le libertinage c’est plouc ?
À Paris, les libertins sont classes. Ça dépend des clubs.

LA POLITIQUE

Le libertinage, c’est de droite ou de gauche ?
Tout l’échiquier politique est probablement représenté même si on n’en discute jamais en soirée, ça reste un sujet qui fâche, donc on évite. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a un mélange étrange d’anti-fiscalistes qui se plaignent de payer trop d’impôts et de communisme sexuel, parce qu’on partage tout.
Enfin, tout le monde n’est pas à égalité dans la partouze…
Oui, ce sont les femmes qui décident. Leur consentement est central et elles ont plus de capacités sexuelles que les hommes. Un mec pourra jouir 5 ou 6 fois grand maximum alors qu’une femme, c’est quasi infini ! Idem pour le nombre de partenaires en une soirée.
Bon alors, plus de droite ou de gauche les libertins ?
Si on faisait un sondage, on aurait en gros la même répartition que chez les autres.
Pourtant, échangiste, libre-échange, donc droite libérale non ?
Oui, enfin, on peut dire aussi que vous êtes un partageux, comme au XIXème siècle. Est-ce que le libertinage ne peut être le fait que de gens dominants ou du moins aisés ? Vouloir mettre le libertinage dans une case, c’est compliqué vu qu’il est assez octogonal.

Dans le contexte actuel assez anxiogène, chômage, terrorisme… le libertinage ne serait-il pas finalement une bulle d’insouciance ?
Oui, ce sont les mots justes, bulle d’insouciance, une respiration. Il y a un côté très enfantin, on joue, on se rebaptise avec des pseudos, les libertines se déguisent en fée sexy, les clubs et soirées privées sont les seuls endroits où elles peuvent porter de telles tenues. Après une semaine difficile, c’est l’évasion !


[Total : 3    Moyenne : 4/5]

L’adultère et le libertinage, ce n’est pas la même chose ! On ne sait pas si sucer c’est tromper mais tromper ce n’est pas libertiner ! Comparez nos modes d’emplois, et choisissez votre camp.

Qui pour qui?
Commençons par le plus simple : qui fait quoi avec qui ? Libertinage et adultère sont deux pratiques bien différentes. Si tromper est une forme d’égoïsme, libertinage rime avec partage.
Libertinage
Qui ? Le libertinage étant une forme d’échange, le pratiquer en solo est plutôt mal vu, notamment pour les hommes. On y va en couple. Sinon, c’est pas du jeu.
Avec qui ? Si l’image du libertinage est celle de personnes dénudées portant un loup, est-ce un hasard ? Mieux vaut envisager le libertinage tel qu’il est d’abord : du désir et du plaisir sexuels. Et pour cela, mieux vaut le pratiquer avec des inconnus – dans le cadre d’un club, ou par des rencontres sur Internet, sur le site Wyylde, anciennement netechangisme, le site référence en la matière (300 000 visites par jour tout de même !). Coucher avec ses amis ou voisins peut s’avérer source de gêne, d’ennuis… Une soirée un peu trop arrosée peut « déraper », selon l’expression consacrée. Mais, franchement, ce n’est pas une bonne idée de coucher avec le mec de sa meilleure amie sous les yeux de celle-ci. En revanche, rien ne vous interdit de lier amitié avec d’autres libertins. Il est alors probable que les jeux érotiques laisseront progressivement place à des jeux de cartes.
A éviter : les amis, les collègues, les clients
A privilégier : des inconnus dans un club
On peut : libertiner avec des inconnus, par internet (on checke quand même).
Adultère
Par définition, on trompe son conjoint sans qu’il soit là. Mais il arrive que… chacun de son côté…
Avec qui ? Bien souvent, il s’agira d’une personne rencontrée régulièrement, dans son voisinage, au travail… Même s’il est difficile de résister à des attractions mutuelles, devenir amants entre collègues n’a rien d’évident. Il faut savoir se cacher, ne pas prêter le flanc aux rumeurs et, surtout, imaginer l’après. Après la rupture. Entre adultes responsables ? Sans aigreur ? Sans envie de remettre le couvert ? Sans risque ?
On s’interdira les relations déséquilibrées. Tromper son conjoint avec un célibataire, c’est moche. On ne fait pas espérer quelqu’un en vain : c’est tromper deux personnes à la fois. L’adultère entre personnes mariées (ou en couple) est le minimum de respect que l’on se doit.
Le plus simple ? Rencontrer quelqu’un dans la même situation, grâce à un site spécialisé.
A éviter : les amis, les collègues, les clients
A privilégier : des inconnus, par internet (on checke aussi)
On peut : profiter du hasard d’une rencontre (on se protège un max)
2. Et on fait quoi?
A priori, libertinage et adultère répondent à une même et unique préoccupation : le sexe. Néanmoins, les codes ne sont pas les mêmes.
Libertinage
Le libertinage recouvre diverses pratiques.
La plus connue est l’échangisme (avec lequel il est souvent confondu).
Mais il y a aussi de nombreux libertins pour qui le plaisir est d’observer, de faire l’amour sous le regard des autres (ainsi du candaulisme ou du côte-à-côtisme), d’échanger des caresses sans pénétration (mélangisme)… Et bien sûr, faire l’amour à plusieurs, triolisme ou davantage… Dans ce cadre, la bisexualité semble plus répandue chez les femmes que les hommes.
Rien n’est interdit, dans la mesure où tout le monde est consentant. Tout le monde, cela veut dire qu’on ne devient pas libertin pour faire plaisir à son partenaire sans en ressentir l’envie soi-même. Dans libertinage, il y a de la liberté. Celle de participer, de refuser, d’arrêter, de changer d’avis…
A éviter : les trucs qu’on ne « sent » pas, la pression, le malsain, le malaise…
A privilégier : l’abandon, le regard de son partenaire
On peut : se laisser tenter par des fantasmes, une atmosphère (dans les clubs, il y a souvent plusieurs ambiances)…
Adultère
Entre adultes consentants, tout est permis, de la brouette thaïlandaise au tantrisme solognot, en passant par le BDSM ou, plus classiquement les plaisirs qui ont déserté le lit conjugal. S’échapper de son couple permet de découvrir d’autres plaisirs ou bien simplement de partager des moments de tendresse. Certains font l’amour comme des bêtes, d’autres se contentent d’une nuit, et il en est même qui sont amants toute leur vie, plus ou moins discrètement… Dans le secret d’une chambre, des corps se désirent, en général avec plus d’ardeur que dans le lit conjugal.
Si l’adultère est presque toujours le fait d’amants qui s’isolent un instant pour s’aimer, certains d’entre eux développent leur relation par la pratique du… libertinage. Il arrive ainsi que les clubs accueillent des couples illégitimes. L’adultère est aussi une découverte de soi.
A éviter : une relation où le désir a disparu, qui traîne en longueur, devient moche…
A privilégier : la pulsion physique, l’instantané romantique, la complicité…
On peut : oser, tenter, trouver… Il faut bien que le corps exulte.
3. Mais où va-t-on?
On préfèrera un endroit au calme. Ou bruyant. Lumières tamisées ou miroirs au plafond… Peu importe : il faut s’y sentir bien.
Libertinage
Chez soi ?
C’est sans doute l’option la plus simple mais pas la plus facile à vivre. Elle suppose de prendre quelques précautions (allez, les enfants, on va chez mamie quelques jours !) et de bien connaître ses futurs partenaires, quel que soit le jeu envisagé. On commence a minima par prendre un verre ensemble pour bien se connaître… Et penser à l’après…
Dans un club ?
La réputation des clubs n’est pas toujours réjouissante, voire rassurante. Se renseigner avant, y aller pour simplement voir (ou observer) peut être un préalable. Mais c’est la garantie d’un endroit plutôt confidentiel, propice à la tranquillité, à la réalisation de fantasmes…
Mieux vaut le choisir plutôt éloigné de chez soi ou de son travail. Il faut beaucoup de sang froid pour rester digne face à son chef de bureau dans le plus simple appareil. Un club permet aussi de procéder par étapes.
A éviter : un club cheap, de mauvaise réputation, celui où va son banquier (enfin, c’est ce qu’on dit..).
A privilégier : on choisit un endroit où l’on se sent bien, beau, belle, désirable…
On peut : tout. On peut tout ce qu’on veut.
Adultère
A l’hôtel.
Pas question d’être radin… Faire l’amour chez soi (ou son amant/maîtresse) vous expose aux pires ennuis : être surpris au milieu de vos ébats (conjoint, vos enfants…), être filmé (mais oui !), oublier des objets compromettants du soutien-gorge au sex-toy en passant par le préservatif… Sans oublier l’odeur des draps !
Chez un ami ? Outre que vous mettez un tiers dans la confidence, vous pouvez vous retrouver dans une situation très gênante.
Malgré la gêne que l’on peut ressentir à la réception, l’hôtel vous garantit l’anonymat et la tranquillité. Dans le cadre professionnel (ah les séminaires de travail !), il abritera vos ébats en toute discrétion (attention aux numéros de chambre de vos collègues, néanmoins).
Week-end, vacances… Les amants rêvent parfois de telles escapades. Pourquoi pas ? A condition de bien préparer le voyage, de disposer d’alibis soigneusement préparés…
A éviter : l’hôtel de la gare, un Formule1…
A privilégier : le charme. Le luxe. On est là pour se faire plaisir. Le cadre compte aussi.
On peut : Donner un faux nom et payer en liquide. C’est la règle. Surtout pas avec sa carte bleue. Les chèques vacances, sérieux ?
4. Mais comment ça se passe?
Adultère et libertinage diffèrent radicalement. Confiance d’un côté, prudence de l’autre.
Libertinage
Faut-il parler ?
Oui, c’est même une règle de base. Si le libertinage repose sur la complicité et l’échange, il s’accompagne nécessairement d’un dialogue. Qu’un des partenaires se sente mal à l’aise, suive l’autre pour lui faire plaisir ou par crainte de lui déplaire… : chacune de ces situations brise la racine du libertinage. Sous la contrainte, il n’y a plus rien de libre, de consenti, de désiré. Le couple doit être assez solide et uni pour que ce dialogue ait lieu à tout moment.
« Tout est permis, rien n’est obligatoire. » On peut parler, on peut aussi dire oui (ou non) de la tête, des yeux… On peut ne pas répondre à une sollicitation, faire des avances, parler avec son corps aussi bien qu’en mots.
A éviter : les accords tacites. Un couple libertin se parle et chacun doit connaître les attentes, les désirs de l’autre, et bien sûr ses limites. Qui peuvent varier, aussi. Le libertinage est une complicité, une confiance, un abandon.
A privilégier : ses envies. On privilégie ses envies. Et aussi s’embrasser, se tenir la main, se regarder pendant le plaisir, se partager vraiment.
On peut : se laver. Personne n’a envie de faire l’amour avec quelqu’un qui a une hygiène douteuse. Vous non plus. On peut sentir bon avant de céder à ses pulsions animales.
Adultère
Faut-il parler ?
Surtout pas ! Si l’on parle d’infidélité ou de tromperie, c’est qu’il y a une raison… La liberté du plaisir est une chose ; elle ne doit pas s’accompagner du plaisir de faire souffrir. Si votre partenaire vous surprend, il n’y a certes pas grand-chose à faire. Et s’il découvre mails ou textos, mieux vaut nier, en prétextant des fantasmes. Et, surtout, ne jamais tout raconter sous prétexte d’honnêteté ou de transparence. Cela revient à faire porter à votre partenaire le poids de votre propre culpabilité, et à la faire souffrir. Par respect, par amour (?), gardez vos parties de jambes en l’air dans votre «jardin secret.»
Pour baiser heureux, baisons cachés : si l’hôtel abrite vos amours parallèles, il n’a pas vocation à devenir un confessionnal. Les amants ne sont pas là pour échanger sur leurs vies familiales respectives. Ni pour établir des comparaisons ! Entre deux étreintes, parlez de votre série préférée ou du temps qu’il fait, pas des notes du petit dernier.
Ah et puis aussi… On efface TOUT. Un mail ? On le lit, on l’efface. Un texto ? Pareil. Tout doit disparaître. ON EFFACE TOUT.
A éviter : les confidences sur l’oreiller, le confessionnal, la culpabilité… On assume ! En secret, mais on assume.
A privilégier : les pseudonymes, la discrétion, le respect des horaires.
On peut : éviter de venir parfumé, ne pas laisser de traces (rouge à lèvres, griffures…). On prend une douche avant de partir. Avec SON savon.
5. Et là, on fait comment (bis)?
En revanche, s’il y a bien un point commun, il est dans la protection de soi et des autres.
Libertinage
Faut-il se protéger?
La réponse est oui.
Bon, évidemment, si vos étreintes se limitent à votre couple, par exemple sous le regard d’autres libertins, ce n’est pas une obligation. Mais dès que vous sortez du cadre conjugal, il n’y a plus d’exception possible. Les clubs fournissent d’ailleurs tout ce dont vous avez besoin.
Les conseils suivants sont valables pour vous aussi.
Adultère
Faut-il se protéger?
La réponse est oui.
Même si vous vous connaissez depuis 10 ans.
Même si c’est mieux sans.
Même si juste une fois.
Même si attends je le mets après.
Même si zut ça me fait débander.
Même si ah tiens je les ai oubliés chez moi.
6. Mais pourquoi on est là?
Soyons honnêtes : on est là pour passer de bons moments. Inutile d’y greffer d’autres préoccupations.
Libertinage
Le libertinage ne résout pas les problèmes de couple.
S’il n’est pas assez solide, on peut même y laisser des plumes. Il peut aider à booster une sexualité qui a perdu son attrait. Il peut aussi être un mode de vie de cette sexualité. Dans tous les cas, il repose sur la confiance.
Vous n’allez pas chez le psy, mais dans un club. C’est votre corps qui parle.
Adultère
L’adultère ne résout pas les problèmes de couple.
Mais il permet d’assouvir des fantasmes. De tenter des expériences (homosexualité, triolisme…), que l’on n’ose pas mener dans le cadre du couple. Ou, tout simplement, de retrouver le plaisir du sexe, lorsque sa sexualité est éteinte ou routinière.
7. Et après?
Tout a une fin. Enfin, pas toujours.
Libertinage
Un passage, une étape, un plaisir renouvelé ? Le libertinage n’a pas de fin, autre que celle du désir. Un couple peut y trouver le moyen de durer, de s’aimer, de se désirer encore.
Adultère
Le désir s’enfuit ? Les soupçons surviennent ? Le risque est trop grand ? Il faut savoir terminer une aventure. Avec respect. En douceur.
Et, de retour à la maison, on retrouve ses charentaises… ou du désir.